Le site du Grand-Hornu accueille chaque année environ 70.000 personnes venant de toute l’Europe. Il regroupe un centre de design et d’arts appliqués, le Grand-Hornu Images, et un Musée des Arts Contemporains, le MAC’s.
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82, rue Sainte-Louise
7301 Hornu BelgiqueTel: +32 656 138 81
Site Internet : www.grand-hornu.eu
Grand-Hornu Images
Space oddity . Design fiction ?
Space oddity. Design fiction ?
18.11.2012 > 03.03.2013
Grand-Hornu Images / Ecuries
En 1969, le single de David Bowie Space Oddity le propulse au sommet des hit-parades. Dans sa musique, ses paroles, mais aussi dans l’atmosphère du premier clip vidéo de 1969, la chanson porte l’empreinte d’une époque abasourdie par les premières expéditions de l’homme dans l’espace, les premiers pas sur la lune, l’évolution des sciences, des techniques et des formes.
L’architecture, le design, la mode, l’électro-ménager, les objets de consommation, la littérature et le cinéma s’emparent des formes capsulaires, matières synthétiques et effets spéciaux liés à la recherche aéronautique. Le space age bat son plein. C’est le point de départ de l’exposition. Une immersion dans l’âge d’or de la SF qui ne dure que le temps d’un clip, avant de propulser le visiteur dans une autre époque: la sienne. La science-fiction fait-elle encore sens aujourd’hui ? La science – et sa compagne, la technologie – évolue si rapidement que la science-fiction ne peut suivre. (…) Cependant, à leur niveau le plus basique, la science et l’extrapolation de la science ne font que proposer des mondes alternatifs dans lesquels situer une histoire. » Ces mondes alternatifs et imaginaires, projections de nos peurs et fantasmes, constituent le décor de nouvelles fictions. Et si les technologies actuelles permettent de poser un robot sur Mars ou d’envoyer des nano robots dans nos tissus pour soigner certaines maladies, la SF confine encore au fantastique et à la fantaisie, tant en littérature que dans les multiples interprétations des thèmes qui traversent le genre: l’utopie, l’ailleurs, l’alien, l’anticipation.
Ces sujets se retrouvent ainsi au cœur du travail de certains créateurs, de façon consciente ou non, ou apparaissent dans les interprétations individuelles de certaines œuvres. C’est ce qu’observe la première partie de l’exposition, un tableau métaphorique d’un futur improbable, une vision naïve d’un décor de fiction tournée vers l’étrange. Professant un design critique à travers leurs objets et leur enseignement, Dunne & Raby produisent des objets interpellants dont la vocation est de susciter le débat autour de thèmes qui font le lien entre la science et l’humain, ou qui anticipent le futur proche. La série Foragers propose différents scénarios qui répondent aux problèmes de nutrition liés à la surpopulation de la planète. D’ici 40 ans, la terre devra fournir 70% de ressources supplémentaires. Loin d’imposer une prédiction, ces objets spéculent sur l’avenir de l’humain. Plus loin, les formes hybrides et ambiguës de pièces signées Nacho Carbonell, OS&OOS, les frères Campana ou Vibskov & Emenius captent l’attention sans imposer d’interprétation précise sur leur identité. Le parcours de cette première partie de l’exposition se trace comme une déambulation dans une ambiance qui exprime la fascination de l’homme pour ces « bizarreries de l’espaces » (c’est la traduction littérale du titre oddity).
Le second volet de l’exposition se penche plus précisément sur les nouveaux outils dont disposent aujourd’hui les designers, notamment le numérique. Grâce à des logiciels informatiques, l’organique et le fractal ont remplacé le « streamline » des années 60, comme en témoignent par exemple les œuvres de Matali Crasset et Julian Mayor. Olafur Eliasson s’empare aussi de cette esthétique dans ses recherches menées pour la firme Zumtobel.
En 1964, Arthur C.Clarke, l’auteur de 2001: Odyssée de l’espace, prédisait qu’un jour, grâce à une machine qu’il appelait le Replicator, « les objets [seraient] aussi faciles à fabriquer qu’aujourd’hui les livres à imprimer». Une machine à dupliquer à l’infini… Ce qui paraissait futuriste autrefois est devenu un outil commun. L’impression 3D permet aujourd’hui à chacun de devenir le producteur de n’importe quelle forme en 3 dimensions, quelle que soit sa complexité.
MGX.materialise est une des premières entreprises à avoir parié sur ce qu’on appelle aussi la stéréolithographie. Des pièces iconiques, comme la Solid Chair de Patrick Jouin ou les collections de mode d’Iris Van Herpen y ont été réalisées. Cette invention qui appelle à une nouvelle démocratie des objets bouleverse tout le système sur lequel repose le design: la propriété intellectuelle, le rôle de l’éditeur, du distributeur et de l’utilisateur sont remis en question. L’artisan électronique du collectif Unfold pose ces questions en invitant le visiteur à intervenir sur le façonnage électronique des pièces. Certains utilisent ces techniques de pointe pour challenger les modes de production du futur. L’Allemand Markus Kayser a ainsi récupéré ce système pour lancer une production d’objets en plein désert grâce à la seule énergie solaire. Mais la réelle valeur ajoutée des recherches présentées ici réside avant tout dans la vision métaphorique et poétique que les designers y ont appliquée. La poésie n’est pas exclue du futur.
Avec des pièces de: Aldo Bakker, Thomas Bengtsson, les frères Campana, Nacho Carbonell, Wendell Castle, Hussein Chalayan, Matali Crasset, Drift, Dunne & Raby, Olafur Eliasson, Patrick Jouin, Markus Kayser, LAb(au), Julian Mayor, OS and OOS, Unfold, Jolan van der Wiel, Dirk Van der Kooij, Iris Van Herpen, Vibskov & Emenius, Marius Watz, .rad product.
28 août 2012








