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  • Les Foyers sociaux, Habitat moderne ? L’exemple du foyer des travailleurs migrants de Paris – Tolbiac

    Foyer social pour travailleurs migrants par CBS-Lifteam - Vue opposée rue Tolbiac // © CBS-Lifteam

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    1. Les Foyers sociaux, Habitat moderne ?

    Les deux tours du Foyer social pour Travailleurs migrants, érigées à l’angle de la rue Tolbiac et de la rue Nationale – Paris XIIIe -, nécessitaient une réhabilitation et un assainissement thermique. Le maître d’ouvrage Domaxis, pour valider ces travaux d’assainissement, a étudié une solution de surélévation de façon à créer un chantier mixte générant des surfaces utiles supplémentaires.
    Il s’est tourné, pour l’ensemble de ces travaux incluant l’extension, vers l’architecte Marie Schweitzer spécialiste reconnue de ces questions. Cette dernière a évalué avec son ingénieur civil la capacité portante disponible des fondations, pour s’apercevoir qu’en construction traditionnelle à l’identique en béton armé, les deux foyers ne pouvaient accepter qu’un seul niveau de surélévation.
    En revanche, en se tournant vers des solutions de structure bois complètes et intégrées, la surélévation pouvait atteindre trois niveaux sur la tour A et deux niveaux sur la tour B, soit cinq étages à la place de deux en solutions traditionnelle (150 % de surélévation supplémentaire).

    Foyer social pour travailleurs migrants par CBS-Lifteam - Vue rue Tolbiac / Architecture bois / Yookô Network

    Foyer social pour travailleurs migrants par CBS-Lifteam – Vue rue Tolbiac // © CBS-Lifteam

    Habiter ensemble et développer la densification, ne serait-ce pas là une voie impérative de la conception de nos développements futurs, pour qu’ils soient possiblement durables?

    2. La Surélévation à coût malin

    Pour développer cette surélévation, l’architecte s’est tournée vers le concept Habitim® du groupe CBS/ Lifteam, créé et dirigé par l’ingénieur Jean Luc Sandoz, proposant une solution en structure bois, avec murs et planchers intégrés et avec un niveau de poids propre optimal de 300 kg/m² de construction (à comparer avec les 900 kg/m2 des constructions traditionnelles en béton).

    Dans ce concept, les murs sont intégralement préfabriqués avec une ossature bois en 45-160 mm qui comprend une isolation en laine de roche de 160 mm, un panneau de laine de roche compact croisé extérieur de 60 mm (pour réduire les ponts thermiques) et un revêtement intérieur en doubles plaques de plâtre BA13 pour le feu (coupe-feu interne du mur de 60 mn), intégrant 52 mm de laine de roche, comme troisième couche d’isolation. Avec une solution bois de ce type, le mur est fini en usine, c’est-à-dire qu’il est totalement préfabriqué en atelier et qu’il inclut déjà la vêture de façade en lame bois dès ce stade, ce qui évite le besoin d’échafaudage ou de nacelles de très grande hauteur sur le chantier.

    L’ensemble permet d’obtenir un mur de moins de 40 cm d’épaisseur, ce qui maximise les surfaces utiles intérieures et, surtout, qui permet d’atteindre une résistance thermique de 7,6 m².K/W, c’est-à-dire respectant le niveau THPE (très haute performance énergétique, équivalent à la réglementation thermique légale RT 2012 moins 20%), dernière étape avant le niveau passif.

    Foyer social pour travailleurs migrants par CBS-Lifteam - vue supérieure, partie surélévation, de la rue Tolbiac / Architecture bois / Yookô Network

    Foyer social pour travailleurs migrants par CBS-Lifteam – vue supérieure, partie surélévation, de la rue Tolbiac // © CBS-Lifteam

    Sur ces murs, un plancher de type dalles O’portune® en planche bois massif vissées décalées, est mis en œuvre avec une solution qui laisse le plafond visible intégré dans l’élément préfabriqué structurel. Il n’y a donc plus de faux-plafond, la dalle est visible en plafond depuis la chambre. Elle devient le premier élément de design intérieur, et offre de plus des propriétés de confort acoustique améliorée. Sur ce plancher bois, une chape ciment flottante permet d’atteindre les autres exigences acoustiques concernant le bruit aérien et le bruit d’impact, avec certification.

    D’un point de vue conception des façades, l’Architecte a choisi un plan unique, avec des menuiseries extérieures alignées au nu externe des murs (à l’anglaise), ce qui rend le projet plus compact, plus monolithique, et surtout qui évite des différentiels de vieillissement lisibles sur les matériaux de façade, en l’occurrence le bois de mélèze. Les pluies glissent ainsi sur l’ensemble de la façade, sans connaitre de décrochement ni d’obstacle, et donc sans venir s’amonceler dans les petits coins, ce qui favoriserait la dégradation ou donc les besoins de maintenance. Non seulement la construction bois est extrêmement favorable sur le bilan écologique de la construction, mais avec les bons détails constructifs, ce type de construction ne nécessite pas d’entretien.

    Tous les bois de construction et de bardage de l’extension sont des bois massifs sans traitement, sans colle et sans chimie. Ils ont un bilan carbone optimisé en plus d’intégrer une filière courte qui réduit encore l’incidence transport.

    3.La Socio-économie de l’Habitat

    Ce projet mis en œuvre avec la société Lifteam, très innovante sur l’utilisation du bois, est également une démonstration d’économie socio-responsable. Tous les matériaux bois massif sapin-épicéa intégrant la structure verticale et les planchers, soit près de 500 m3 au total, sont d’origine française, transformés localement. Seul le bardage provient d’un bois étranger ; il s’agit de mélèze russe choisi pour sa densité supérieure à 600 kg/m², lui conférant ainsi un classement d’inflammabilité de type C-S2-D0, (difficilement inflammable) que les bois français plus légers ne peuvent pas atteindre directement.

    Utiliser la filière locale, ou au moins française, permet de créer des emplois sur le territoire. A titre d’exemple, il a fallu quelques 4’500 heures de préfabrication en usine pour les deux extensions, qui ont généré 15€/h de charges sociales payées au URSSAF, soit un retour socio-économique de 67’500 € pour la région du lieu de travail. Ceci sans compter les heures développées dans la filière en amont, avec les heures en scierie et les heures en forêt, qui amplifient encore ce retour socio-économique.

    / Architecture bois / Yookô Network

    Foyer social pour travailleurs migrants par CBS-Lifteam – Vue du plafond sous-face de dalle bois, restant visible dans la chambre // © CBS-Lifteam

    C’est le double effet sur l’emploi dans la filière bois, et c’est pour ces critères que le Ministère du Redressement productif soutient un programme de développement avec les Immeubles de grandes hauteur (IGH) en bois, jusqu’à 15 étages (Lire à ce sujet l’article du Moniteur).

    Pour toutes les constructions publiques sur le territoire de l’Hexagone, financée avec les charges sociales appliquées au travail en France, faire appel et générer du travail français devrait être la règle d’or, et encore plus en période de crise grave sur les créations d’emploi. Le retour socio-économique direct est de l’ordre de 15% du prix payé par la maitrise d’ouvrage, ce qui fait que prendre des solutions étrangères (ou faisant appel à des matériaux d’importation) parce qu’elles sont moins chères est la plus totale des aberrations économiques, (au moins jusqu’à un écart de coût direct de 25%, ce qui est un cas extrême qui n’arrive que pour moins de 3% des projets).

    Au bilan, cette surélévation est donc un exemple à suivre sur l’aspect gaz à effet de serre et énergie consommée pour sa production, en plus de son impact sur l’emploi en France. Ces arguments s’ajoutent encore à ceux des surélévations, qui offrent des surfaces habitables sans consommer de nouveau terrain, et donc en utilisant les réseaux existants, ce qui réduit l’impact écologique, tant lors de la construction, que pour toute la durée de vie de l’immeuble.

    Ce projet de l’architecte Marie Schweitzer a reçu la Médaille d’or de l’Innovation aux Trophées du Cadre de vie, organisés par Fimbacte, dans la catégorie Partenaires du cadre de vie. Bien vu, il semble qu’on soit tous partenaires quand il s’agit de vivre ensemble sur nos territoires, avec une perspective durable !

    Jean-Luc Sandoz, ingénieur et fondateur du groupe CBS-Lifteam

    www.atelierschweitzer.com
    www.domaxis.fr

    Retrouvez CBS-Lifteam dans notre espace Yookô Network et sur son site:

    www.cbs-cbt.com

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