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  • Rencontre avec Giovanna Massoni, directrice artistique de Reciprocity Design Liège

    Reciprocity Design Liège - Console Memento par Thijs Van Agt // © René van der Hulst

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    A 15 jours du début de l’édition 2012, Yooko.fr, partenaire média, a rencontré Giovanna Massoni, directrice artistique de RECIPROCITY Design Liège pour une présentation dans le détail de l’événement…

    Giovanna, avec cette édition, la Biennale de Liège change de nom et devient RECIPROCITY… Pourquoi cette nouvelle dénomination?

    Le changement de nom a plusieurs buts : le premier est lié à l’intention d’échapper au terme biennale, qui n’exprime aucune finalité sauf une délimitation temporelle, et donc, la ‘discontinuité d’un évènement ; s’éloigner de cette ‘étiquette’ qui, un peu comme le terme ‘design week’ veut tout et rien dire à la fois ; définir tout de suite une approche, une ligne théorique, qui expriment un état d’âme, une intention avant tout ; suggérer par ce terme le fil rouge, positionnant cet outil dans un cadre plus vaste : sociologique et social plus qu’industriel et commercial. Et pour finir, déterminer l’axe de confrontation entre un thème et l’autre, entre la direction et les commissaires invités, entre design du produit et design tout court, entre l’évènement et le public.

    La dimension profondément sociale du design sous-tend toute la manifestation… Trouvez vous que cette dimension ait été trop longtemps évincée de la discipline?

    Non, tout se passe organiquement suivant les changements de notre société, mais c’est quand même significatif que l’on commence à comprendre l’importance de ces thématiques seulement en périodes de crises… Il s’agit d’une forme de créativité qui réduit l’importance du rôle individuel pour mettre en valeur la capacité créative d’une communauté qui non seulement propose et met en place des solutions au service de la collectivité mais qui est capable de rendre productif et compétitif un produit social, jusqu’à créer une sorte d’économie parallèle. Le designer joue un rôle très important dans ce nouveau microsystème.

    Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le thème de l’appel à projets Memorabilia – Designing Souvenirs

    Le concept est né d’une réflexion générale et très personnelle à la fois : la suractivité nous empêche de trouver le temps de valoriser nos souvenirs, le passé est consommé par la vitesse du présent, on fait tout pour ‘investir’ dans le futur sans assumer la responsabilité de ce que nous avons fait dans le passé. Je parle en termes généraux et spécifiques au design : le passé du design est à la fois ce que nous apprenons dans les livres et ce que nos ancêtres ont fait avant nous, par nécessité ou désir. C’est une invitation à fouiller dans notre mémoire et dans la mémoire des autres, et en même temps attribuer à l’objet un rôle sémiologique, historique, et pourquoi pas, affectif important. L’objet nous identifie. Nous sommes fait d’un ensemble d’histoires qui sont les ‘choses’, les objets, du quotidien, de cultes, de cuisine, de travail… Le pouvoir évocateur des madeleines de Proust devient aujourd’hui fondamental pour comprendre une culture et une société…

    Autre exposition phare, Craft & Industry… Quels sont les nouveaux rapports entre ces deux sphères selon vous?

    Comme le dit bien Gabriele Pezzini, le commissaire et scénographe de l’exposition, la dichotomie est un artifice du marketing… Le design est généré par l’interaction entre ces deux activités. Il est né par nécessité et par choix de la combinaison entre la manualité et la mécanicité.
    La qualité du design nait d’un dosage mesuré et cohérent des deux. L’exposition Trame montre de manière infographique un parcours gradué tout au long de 40 produits des dernières décennies ou plus anciens. Elle visualise non pas un parcours chronologique mais plutôt la nécessité d’augmenter le degré de technologie ou de manualité, en démontrant comment un objet artisanal soit autant industriel qu’un dispositif technologique de la dernière génération, et vice-versa.
    La table ronde liée à l’exposition sera un moment de discussion très important pour mieux comprendre cette thématique qui est très à la mode : Massimo  Morozzi – Edra (Italie), Hans Maier-Aichen, fondateur de Authentics (Allemagne) ; Alexander von Vegesack, fondateur du Vitra Design Museum (DE) et directeur du Domaine de Boisbuchet (FR) ; Suresh Sethi, Vice Président et Directeur Asia, Global Consumer Design, Whirlpool Corporation discuteront avec le public sur ce que c’est le design et ce que c’est l’attitude humaine à la production.

    Le programme de RECIPROCITY s’annonce varié, dense… Quel serait votre planning idéal pour une journée à Liège? 

    Faire coïncider le séjour avec une des conférences au programme, dans l’après midi visiter les quatre expositions principales, aller boire un café au meeting point et visiter Mapping the Design World, une exposition documentaire réalisée par Max Borka autour des expressions les plus intéressantes du design social, et se laisser promener dans le centre ville en visitant les nombreuses expositions satellites qui animent le cœur de Liège…

    Pour terminer, des adresses design sur place pour nos lecteurs ?

    La Gare des Guillemins de Santiago Calatrava, le centre commercial Mediacité de Ron Arad…  Je les laisserai enfin piocher dans ‘Shop’in Design’, un petit bouquin publié par le FTPL et qui donne un aperçu des activités, ateliers et showrooms de Liège…

    www.designliege.be

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